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Pour Silvain

Bonjour à tous,

Non non et non. je ne vous ai pas oublié, non!

Comme je l'avais dit précédemment, je n'ai plus de carte de ciné, moins le temps de m'enfermer avec un paquet de m&m's et plein de gens que je ne connais pas, et en plus, malgré mon mac tout beau tout blanc rutilant, le générateur du blog ne marche toujours pas sur mac... Donc pas des masses le temps de me mettre sur l'ordi du boulot pour vous raconter ma vie avec mes écrans.

Mais qu'à cela ne tienne. Au diable les amoureux qui partent bien trop longtemps bien trop loin, ou les amis qui s'amusent à mourir comme ça sans prévenir, je vais revenir parmis vous!!

Et voici un aperçu de ce qui vous attends:

Showtime Networks Inc.

Hugh Laurie. Fox

David Duchovny & Gillian Anderson. 20th Century Fox

Sandra Oh. Touchstone television

Affiche américaine. Marvel Films

Alors... Ca vous a alléché? J'espère!

Je reviens vite avec tout ça dans mon panier, et d'ici là, je vous embrasse et souhaite de bonnes vacances à ceux qui sont en vacances, et plein de courage à ceux qui bossent ou qui ont des obligations dures dures.

Bises

Clo

 
Et si....

Salut à vous!

Et si aujourd'hui je vous parlais bouquins... Je ne vais pas des masses au ciné ces temps ci rapport à la perte de mon super-pass, je sais c'est moche! Mais il faut bien que je vous parle de quelque chose, alors me voila...

4 Saisons A Mohawk, de Richard Russo

L'histoire: Ned est un petit garçon a peu près sans histoires, qui vit à Mohawk, petit patelin paumé des Etats-Unis. Il vit avec sa mère, opératrice téléphonique qui rêve d'un ailleurs paradisiaque. Son père ne vit plus avec eux mais fait quelques apparitions épisodiques qui ressemblent fort à du harcèlement... Ned ne sait pas grand chose de l'histoire de ses parents, si ce n'est que sa mère ne veut pas qu'il voit son père, et que son père se débrouille toujours pour flairer la voiture de police qui débarque lorsqu'il passe la nuit devant leur maison...

Jusqu'au jour où Sam (le père) décide d'embarquer son fils dans une partie de pêche avec son pote Wussy. A peine deux jours. Qui commencent par un peu de frayeur pour Ned qui se retrouve face à ce père un peu inquiétant, qu'il ne connaît absolument aps. Mais qui finissent par se transformer en un très bon souvenir dans la tête du petit garçon. Le retour est moins féérique, la confrontation entre les parents étant pour le moins musclée...

Plus de nouvelles du paternel pendant quelques années après ça, on peut comprendre. Et puis il refait surface, au moment où la mère se laisse plonger dans la dépression et se trouve incapable d'élever son fils. ned va donc vivre pendant deux ans au rythme déglingué de son père, entre petits boulots, courses, alcool, bars et potes de toujours...

Même après son retour chez sa mère, et à une vie normale, Ned restera marqué par ce passage de sa vie. Et on va découvrir la suite de sa vie justement, émaillée des quelques retrouvailles avec son père.

Richard Russo dépeint ici à la fois une belle et atypique relation père fils, tout en silences et virilité prétendue, et à la fois un portrait de cette amérique un peu oubliée du reste du monde, celle qui ne fait pas d'éclats, qui ne va pas bien loin, qui survit.

C'est un très beau livre, vraiment, extrêmement bien traduit, une fois n'est pas coutume (pour les bonnes traductions, on peut généralement faire confiance à la collection "domaine étranger" chez 10/18), plein d'humour, de cynisme mais aussi de tendresse envers cette relation bizarre, envers cet homme bizarre qu'est Sam Hall, le père de Ned. Aucune complaisance ici pour la misère, pour la bêtise ou la méchanceté. Simplement les choses telles qu'elles sont, sans jugement aucun, et avec une grande justesse, une grande sincérité. Et surtout plein d'humour et de sobriété. Et ça ça fait plaisir. Un bon gros bouquin qu'on ouvre avec plaisir et qu'on a pas vraiment envie de refermer!

Voilà! A très vite

Clo.

 
Les promesses de l'ombre, non tenues...



Bon. Que dire que dire….

Je dois reconnaître que j’ai été franchement déçue ! Je ne m’attendais pas vraiment à quoique ce soit vu que les seules infos que j’avais sur ce film c’était un peu du type « Cronenberg, Mortensen ». Et puis bon. J’avais adoré History Of Violence, pourquoi ne pas adorer le nouveau ?


Ce qui est sûr c’est que Viggo ne déçoit pas. Il incarne un russe plongé dans une famille de la mafia russe à Londres, avec une décontraction, une nonchalance, une froideur et une causticité délicieuses ! Mais avec aussi un peu de vide, un côté linéaire, frisant la chiantise… Comme l’ensemble du film d’ailleurs !

Un Cronenberg qui ressemble à s’y méprendre à un mauvais polar mafieux, si ce n’est que comme c’est Cronenberg, on va peut-être plus chercher des excuses à certaines défaillances (clichés, pathos inutile, surjeux) que pour un autre réalisateur…

Vincent Cassel et Viggo Mortensen. Metropolitan FilmExport


Ce que j’en tire : d'abord, une traduction du titre qui laisse franchement à désirer... Comment on passe de "eastern promeses" à "les promesses de l'ombre", titre qui ne parle pas vraiment, je me le demande bien!!

Et puis une histoire moyennement bien ficelée, avec un rebondissement qu’on sent à peine passer ; beaucoup de bons sentiments (la reine en étant Naomi Watts, tout sauf crédible dans le genre russe, mais boursoufflée de bonens intentions, de douceur et d’émotions injustifiées) ; aucune surprise ; un beau – très beau – traitement de la violence, tout en sobriété, en froideur chirurgicale, qui la regarde sans l’étudier, qui l’observe sans l’admirer, mais qui vous en met plein la tronche !

Une très belle scène de bagarre dans un sauna ; des beaux tatouages ; un vieux russe avec un accent super marrant, formidable Armin Mueller-Stahl ; un Vincent Cassel aussi dégueulasse que d’habitude, si ce n’est plus ; un scenario pas mauvais en soi, mais qui ne va nulle part réellement, qui ne s’élève ni ne tombe, une espèce de ligne qui ne bouge pas d’un iota pendant 1h40.

Un Viggo Mortensen qui relève un peu cette sauce un peu fadasse. Mais pas beaucoup.


En gros, 1h40 qui passe très lentement… Pratique d’avoir quelqu’un avec soi pour rater un ou deux moments… 


Des bises


Clo

 
- ma note pour ce film :
Réalisé par David Cronenberg
Avec Viggo Mortensen, Naomi Watts, Vincent Cassel, ...
Année de production : 2007
The Million Dollar Hotel..... The nuthouse!

Il était temps que j'en parle, dans la mesure où je pense que c'est l'un de mes films préférés, oui oui, dans mon top 5!

Alors voila. C'est Wim Wenders. C'est écrit entre autres par Bono (tout à fait, celui de U2). C'est avec Milla Jovovich et Mel Gibson pour les très connus, Jeremy Davies et Jimmy Smits pour les moins connus. C'est déjanté, poétique, violent, satirique, tendre, romantique, pur, magique. Une merveille.

Que dire de plus? J'ai beau regarder les notes que j'ai prises la dernière fois que je l'ai regardé, je ne sais pas vraiment comment vous en parler...

Bon, commençons par l'histoire. TomTom (Jeremy Davies) vit au Million Dollar Hotel, un repère de barjos, de pauvres, d'exclus. Il est le "beggar's buttler", le majordome des mendiants... Il rend à tous les gens réunis dans l'hôtel de menus services. Il se présente comme un simple d'esprit, un enfant enfermé dans le corps d'un jeune adulte. Il est magique lui aussi. Obsédé par la télévision (la réalité), émerveillé par les mots, qu'il découvre, déguste, répète en boucle... Naïf, il semble planer au dessus de tout ce monde, bien que quelque part il en soit l'un des pilliers. Et sa voix porte le film... J'en reste émerveillée à chaque fois! Le film s'ouvre sur un monologue intérieur de TomTom, déclamé avec lenteur, douceur, nonchalance et musicalité. Une vois qui vous enveloppe dès la première syllabe et ne vous relâche qu'à la fin du film.

L'intrigue est simple: son meilleur ami est mort, et un super flic (Mel Gibson), genre Terminator, est envoyé pour résoudre le mystère. C'est évidemment lui aussi un barge. D'un autre genre néanmoins: il est né avec un bras qui lui poussait dans le dos... Il a grandi au milieu d'autres "freaks", et même parmi ceux-là il était à part. C'est un homme marqué par sa différence, très High Tech, brutal, prêt à tout pour arriver à ses fins.

Ces deux personnages représentent l'opposition majeure du film: TomTom est un doux poème, illuminé, fou, mais tendre, tandis que Skinner (Mel Gibson) est... un morceau de hard core, dur, violent, mais finalement pas si différent.

Jeremy Davies / Mel Gibson.

Ils évoluent au mileu d'une bande de... Je ne sais pas vraiment comment les décrire. Ce ne sont pas des fous, mais ce sont des allumés, écartés et rejetés de la société (notamment de la sécurité sociale, dont il est fait une meilleure critique dans ce film que nulle part ailleurs!). Ils vivent en harmonie, dans ce climat de folie douce, s'entraident, s'aiment, s'occupent mutuellement. Parmi eux, l'un des plus beaux personnages du cinéma à mon goût: Eloise...

Incarnée par Milla Jovovich, c'est une jeune femme éthérée, en dehors de tout, qui semble flotter dans ce décor qui ne lui ressemble pas. Je dis flotter, c'est pas au hasard! A une ou deux reprises, ses pieds sont filmés pendant qu'elle marche dans la rue, pieds nus, comme seule au monde. Et on dirait qu'elle touche à peine le sol... C'est une jeune femme écorchée vive, réfugiée dans sa tête parce que la réalité ne vaut pas le coup d'être vécue. Elle s'imagine être un personnage de fiction, et vit le nez dans ses bouquins, en évitant au maximum le contact avec les gens.

Tom et Eloise... Je pourrais essayer de décrire... Mais j'ai déjà l'impression que les choses que je viens de dire dénaturent un peu la magie du film. J'aimerais être capable d'en parler simplement, mais il est tellement complexe, et me fait ressentir tellement de choses que j'ai du mal!

Milla Jovovich / Jeremy Davies.

Retenez que c'est une satire sur l'amérique, celle qui fait de certains de ses citoyens des gens à part, abandonnés du système. Que c'est une des histoires d'amour les plus belles, les plus tendres, les plus tristes, les plus surréalistes (et en même temps ancrées dans la réalité) que j'aie vues au cinéma. Que c'est Wim Wenders, donc aérien, poétique, musical, violent et tendre à la fois. Que ce sont des acteurs incroyables qui portent le film autant qu'ils sont portés par l'histoire.

Que tout y est parfait.

Que je l'aiiiiime!!!!

Voyez-le!

Je vous embrasse,

Clochette

 
The Million Dollar Hotel - ma note pour ce film :
Réalisé par Wim Wenders
Avec Mel Gibson, Gloria Stuart, Amanda Plummer, ...
Année de production : 1999
Orgueil et Préjugés

Affiche américaine. Working Title Films

Alors alors alors....

Il faut d'abord que je précise que je suis une grande fan de Jane Austen. Bon, d'accord, Mansfield Park est un livre extrêmement ennuyeux; mais Raison et Sentiments, mais Emma, mais Orgueil et Préjugés, etc.... Un vrai bonheur.

La Jane en question a un don intéressant: elle réussit à rendre des vies, somme toute assez monotones, tout à fait passionnantes.

Prenons le cas d'Orgueil et Préjugés (c'est quand même le sujet!)

Nous avons ici la famille Bennett: une mère hystérique, un père totalement à l'ouest mais plutôt du genre ermite brillant et tendre dans le fond, et pas moins de 5 filles élevées sans nurse, sans institutrice, etc... La seule occupation de cette famille de la bonne (mais pas excessivement haute) société consiste à chercher des maris à cette ribambelle de nénettes. Mais quand je dis la seule occupation, je pèse mes mots. car dans les romans de Jane Austen, c'est une des choses qui transparaît le plus: cette société ne fait absolument rien. Les hommes sont dans l'armée, au Parlement, éventuellement médecins ou juge ou clergyman... Ils arrosent leur petite famille d'argent, uniquement jusqu'au mariage bien sûr. L'aîné des garçons touchera un héritage conséquent, mais les cadets n'ont que peu de perspectives devant eux. Il en va bien entendu de même pour ces demoiselles qui elles font ce qu'elles peuvent en fonction des dots que leurs familles sont en mesure de leur accorder.

Jane Austen s'intéresse à ces jeunes femmes de la moyenne société qui se doivent de concilier amour et préoccupation matérielles. Pas grand chose d'autre à faire, plus qu'à espérer qu'un homme riche, passionnant et passionné passera par là ou croisera votre chemin à Londres...

Keira Knightley. Mars Distribution

Dans la plupart de ses romans, lâ véritable héroïne d'Austen est la jeune femme qui est un peu à part. très intelligente, très cultivée, elle semble dépasser la plupart de ses congénères en esprit comme en caractère. C'est le cas ici d'Elysabeth, qui, au milieu de sa sublime aînée et de se shystériques de mère et de petites soeurs, est tout à fait en marge. En marge aussi de la société dans laquelle elle évolue: celle-ci n'est basée que sur les préoccupations pécunières et de bienséance, tandis que la jeune femme est impétueuse, brillante et impertinente. Impossible pour elle de s'intéresser tant soit peu aux jeunes gens qu'elle rencontre, tous bien fades par rapport à elle.

Dieu merci, voila Mr Bingley. Le blondinet un peu niais mais intelligent, drôle et attachant va ravir le coeur de sa grande soeur Jane, amener une pointe d'acidité en la personne de sa soeur Caroline, et offrir à Elysabeth un délicieux défi... Elle va se retrouevr face au ténébreux Mr Darcy, jeune homme riche, hautain, taciturne, orgueilleux et secret, qui n'a pas plus qu'elle la langue dans sa poche. Du moins en apparences... Ils vont mutuellement froisser l'orgueil de l'autre, ce qui rapproche, bien entendu... Voila pour l'orgueil.

Kelly Reilly et Matthew MacFadyen. Mars Distribution

Darcy est rebuté par la famille Bennett: la mère, le père et les plus jeunes soeurs sont incapables de se tenir en société, et en plus ils ne sont pas bien riches. Bien qu'il ne mette pas Jane et Elysabeth dans le même panier, il ne peut nier que cette famille loufoque n'est pas des plus attirantes. Quant à Elysabeth, elle se laisse d'abord tromper par l'apparence taciturne du jeune homme, puis par des racontards terribles sur son compte... Voila pour les préjugés!

Brenda Blethyn, Jena Malone, Talulah Riley et Keira Knightley. Mars Distribution

Il va de soi que tout cela va être surmonté et qu'ils vont faire un beau mariage d'amuuuur. Sinon ça n'a aucun intérêt!!

Le film donc. J'oubliais que j'étais là pour en parler...

Alors le film. Il est d'abord délicieux à regarder. les couleurs sont chaudes, profondes, confortables la plupart du temps. La nature est filmée très simplement mais avec des jeux de lumières magnifiques. Les décors sont fidèles me semble-t-il, riches, recherchés, tout comme les costumes.

Et puis bon. Surtout il y a Keira. Magnifique Keira Knightley, qui semble être née pour incarnée ces jeunes femmes de la bonne société anglaise. Elle aurait tout aussi bien pu jouer Marianne dans Raison et Sentiments ou Jane Eyre... Très belle Elysabeth ici en tous cas. Vivante, raffraichissante, impertinente, délicieuse, profonde et intelligente. Un jeu tout en subtilité et en liberté qui rend plus que justice au personnage de Jane Austen.

Difficile de ne pas parler de l'innénarable Mr Darcy. L'un des personnages les plus classiques de la littérature. J'aurais été bien incapable, si on me l'avait demandé (hum), de choisir quel acteur serait le bon pour l'incarner. Je saurais dire "lui il est bien" ou "lui il est pas bien", mais c'est tout!! Eh bien Matthew MacFayden, il est vachement vachement bien!! Malgré une tête pouponne, il offre toute sa splendeur à Darcy: force et subtilité, humour caustique et pince sans rire, passion contenue et intelligence... Tout est parfait!!

Keira Knightley et Matthew MacFadyen. Mars Distribution

Enfin, la troupe des personnages secondaires est tout simplement épatante. J'ai vraiment un grand respect pour le directeur de casting, quel qu'il soit, qui a bossé sur ce film. Pas évident de toujours trouver la bonne personne, surtout pour incarner des rôles aussi classiques et aussi bien établis dans la mémoire collective. C'est ici un succès sur toute la ligne.

Alors on rit, principalement, si on est un peu fleur bleue, on rêvasse aussi, mais surtout on passe un super bon moment, tout simplement!

A voir!

Clochette.

 
- ma note pour ce film :
Réalisé par Joe Wright
Avec Keira Knightley, Matthew MacFadyen, Brenda Blethyn, ...
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